N A N C Y T E X A S 1 7
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LA DONNE DU MOIS
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Gérald Masini
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PROBLÈME NUMÉRO 17
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D 4 2 |
A R 6 5 |
8 7 5 |
A 5 2 |
|
| |
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|
|
10 8 |
V 8 3 |
A D V 4 |
R 9 8 6 |
|
| |
| N |
E |
S |
O |
| Perron |
Pabis-Ticci |
Mari |
Belladonna |
1 |
- |
- |
× |
| - |
2 |
- |
4 (!) |
| fin |
Nord entame le Roi de Pique, suivi de l'As et du 7 pour la Dame du
déclarant, Sud fournissant trois fois. Ouest fait alors l'impasse à
Carreau, qui réussit, et tire l'As de Coeur. La Dame apparaît en
Nord. Terminez...
SOLUTION DU PROBLÈME NUMÉRO 16
|
|
V 9 7 |
A R 4 |
V 10 6 2 |
A D 6 | |
| |
|
|
|
A R D 5 2 |
V 10 6 |
D 5 3 |
V 3 | |
| |
| N |
E |
S |
O |
| Dalai |
Smolski |
Shivdasani |
Stanley |
| 1SA* |
- |
2 ** |
× |
3 |
4 |
fin |
*12-14
**Texas |
|
Sud entame le 9 de Carreau. Nord encaisse le Roi et l'As, puis joue
le 4 de la couleur. Sud coupe et contre-attaque le 4 de Trèfle.
Est doit réaliser le reste des levées et il sait que Nord possède la
totalité des honneurs manquants (As et Roi de Carreau, Dame de
Coeur et Roi de Trèfle) pour atteindre le minimum de douze points
promis par l'ouverture de 1SA.
L'impasse au Roi de Trèfle n'a donc aucune chance de réussir, pas plus
que la capture de la Dame de Coeur seconde, Nord détenant même très
certainement quatre cartes dans la couleur pour avoir sauté au palier
de trois sur le Texas de Sud.
La seule chance paraît bien être un squeeze, à
l'atout, en l'occurrence :
la Dame de Trèfle peut
être affranchie par la coupe de
la petite carte qui
l'accompagne si Nord est contraint d'assécher son Roi.
Deux remontées au mort sont nécessaires, pour jouer le petit Trèfle à
couper d'abord, puis pour encaisser la Dame affranchie.
Elles sont fournies par l'As et le Roi de Coeur.
Est doit également ouvrir la coupe à Trèfle en se débarassant de son
Valet de Trèfle sur le Valet de Carreau du mort.
Il lui faut auparavant purger les atouts, qui doivent être répartis
2--2, car, pour tirer le quatrième tour de Pique qui squeeze Nord, il
ne peut rentrer en main qu'à l'atout.
Est prend donc le retour Trèfle de l'As, tire l'As et le Valet de
Pique, défausse son dernier Trèfle sur le Valet de Carreau et joue
Pique pour son Roi.
Il reste alors cinq cartes, Nord devant garder la Dame de Coeur
troisième et le Roi de Trèfle second :
Est joue ensuite la Dame de Pique en défaussant le 4 de Coeur du
mort.
-
Si Nord écarte un petit Coeur, Est tire l'As et le Roi de la couleur
et rentre en main en coupant un Trèfle pour encaisser le Valet de
Coeur affranchi.
-
Si Nord écarte un petit Trèfle, Est gagne le mort par l'As de
Coeur, coupe le 6 de Trèfle, remonte au mort par le Roi de Coeur
et termine avec la Dame de Trèfle affranchie.
Les quatre jeux :
| |
|
|
8 6 |
D 9 7 2 |
A R 7 4 |
R 9 7 | |
| |
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V 9 7 |
A R 4 |
V 10 6 2 |
A D 6 | |
| |
|
|
|
A R D 5 2 |
V 10 6 |
D 5 3 |
V 3 | |
| |
| |
|
|
10 4 3 |
8 5 3 |
9 8 |
10 8 5 4 2 | |
| |
Bien que nanti d'un « Grand 10 », l'Indien Jiggy
Shivdasani a fait preuve de son
imagination coutumière pour essayer de gêner ses adversaires.
Saluons son courage, même si le psychic n'a pas eu l'effet espéré.
La donne a été jouée aux Olympiades de Seattle, en 1984, où la Pologne
(Marian Frenkiel, capitaine non joueur, Piotr Gawrys, Krzysztof
Martens, Tomasz Przybora, Jacek Romanski, Piotr Tuszynski, Henryk
Wolny)
remporta la finale en battant la France
(Pierre Schemeil, capitaine non joueur, Paul Chemla, Félix Covo, Hervé
Mouiel, Fivo Paladino, Marc Perron, Henri Szwarc)
par 236 à 156, le Danemark terminant troisième.
Chez les Dames, les États-Unis devancèrent d'un cheveu la
Grande-Bretagne.
Pour la petite histoire, bien qu'il n'y eut pas de match pour
départager les perdants des demi-finales, la France
(Nadine Cohen, Hélène Zuccarelli, Claude Blouquit, Elisabeth Delor,
Fanny Parienté, Poutcha de l'Épine)
et les Pays-Bas, la troisième place fut officiellement attribuée
aux Hollandaises.
Toutefois, d'après leur capitaine, Philippe Cronier, les Françaises
furent également considérées comme troisièmes, au moins du point de
vue de l'enregistrement des résultats.
Les joueuses reçurent d'ailleurs les points internationaux de
classement correspondants.
L'affaire reste, encore aujourd'hui, assez mystérieuse, si
l'on en croit les informations rassemblées par
Guy Dupont1.
Commençons avec un extrait de son propre reportage sur ces Olympiades,
paru dans Le Bridgeur du mois de décembre 1984 :
« On regrettera que le tout nouveau règlement « Dames »,
attribuant la médaille de bronze aux deux équipes battues en
demi-finale, n'ait pas été appliqué à Seattle.
Apparemment, les violons ont été mal accordés :
Edgar Kaplan, président de la Commission des règlements de la WBF,
leur avait pourtant annoncé, avant la cérémonie de remise des
médailles, qu'elles monteraient sur le podium.
Cependant, au tout dernier moment, il a été résolu d'attendre
les prochaines Olympiades pour appliquer ce règlement.
Une volte-face qui a fait manquer d'un rien le podium aux
Françaises. »
Dans l'éditorial de ce même numéro,
Jean-Paul Meyer écrivait :
« Elles (les Françaises) en sont privées
(de la médaille de bronze)
parce qu'elles ont eu à rencontrer les futures gagnantes, les
États-Unis, en demi-finale et que, par ailleurs, les Hollandaises,
qui semblaient imbattables pendant la phase
éliminatoire, se sont faites balayer en demi-finale par les
Britanniques. »
Voulait-il dire que les Françaises auraient obtenu
la troisième place si les Britanniques avaient gagné la finale ?
L'argumentation est bien obscure.
On pourrait plutôt penser que la médaille de bronze a été attribué aux
Hollandaises en raison de leur match gagné contre les Françaises
(par 17 à 13) au cours des éliminatoires.
La version de l'une des principales intéressées, Elisabeth Delor,
confirme cette hypothèse.
Elle n'en est pas moins édifiante :
« Le règlement précisait qu'il devait y avoir deux troisièmes
ex æquo, mais, comme les organisateurs n'avaient pas
prévu assez de médailles, ils ont décidé de faire seulement monter sur
le podium les Hollandaises, qui nous avaient battues lors des
éliminatoires. C'est lamentable, mais nous n'en avons pas moins été
classées troisièmes. »
Terminons avec Georges Chevalier, président de la FFB à l'époque,
et présent à Seattle :
« Les Françaises ont été classées quatrièmes, malgré nos
protestations.
Il est vrai que le règlement était appelé à changer, mais que la
nouvelle version n'était pas forcément applicable à Seattle. »
À vous de choisir...
1.
Liste de Diffusion Francophone sur le Bridge, message du 22/03/1999.
|
CONCOURS D'ENCHÈRES (1)
|
|
Gérald Masini
|
Les articles sur les enchères étant plutôt rares dans ces colonnes,
j'espère inaugurer avec celui-ci une série inspirée par la célèbre
rubrique de la prestigieuse revue de la FFB.
Le concours du mois (voir à la fin de l'article)
est simultanément proposé dans la Liste de Diffusion Francophone sur
le Bridge, sur Internet.
Il est ouvert à tous les lecteurs de NaNCY TEXaS
et tous les internautes abonnés à la Liste, sans restriction.
Les six problèmes qui suivent ont été posés sur Internet par
Jean-Pierre Rocafort.
Vingt-trois joueurs de tous niveaux, de 3C à 1N,
ont répondu, constituant un jury d'indice moyen 1K.
Il est réconfortant de constater que les joueurs les plus modestes
n'ont pas à rougir de la comparaison avec leurs aînés.
|
1. T/N
|
 | A R D V 9 |
 | R V 6 |
 | 8 3 |
 | A V 4 |
|
| N |
E |
S |
O |
1 |
- |
1 |
- |
| 1SA |
- |
2 1 |
- |
2 2 |
- |
3 |
- |
3 |
- |
3 |
- |
3 |
- |
? |
1Roudi
2trois cartes, mini
|
|
Le partenaire est fité Pique et possède des Carreaux corrects
sans le Roi de Trèfle, puisqu'il n'a pas dit 3SA sur 3
.
Sa main étant par ailleurs minimale, le chelem devrait le plus souvent
être au mieux à une impasse, par exemple s'il détient
x x x
D x x
A R V x x
D x.
Mais il peut tout aussi bien avoir une main telle que
x x x
x x
A R D V x
D x,
avec laquelle le chelem est sur table, sauf accident.
Il faut donc choisir entre la manche et le chelem, et c'est la
prudence qui l'emporte dans le jury, où la majorité se contente de la
manche :
« 4
... et des regrets » (Didier Barthes),
« 4
pour jouer la manche qui a le
plus de chances.
Le chelem me paraît assez lointain. » (Philippe Durieux).
Un tiers du jury préfère néanmoins poursuivre le dialogue.
Certains ont choisi une enchère de contrôle pour confirmer les
velléités de chelem au partenaire.
À celui-ci de réagir ensuite en fonction des ressources de sa main.
La tentative ne présente pas grand risque, car il est facile de
s'arrêter au palier de quatre :
« Le partenaire ne semble pas très fort et avoir peu de Coeur.
4
en attendant, puis 4
sur 4
probable. » (Pierre Audebert),
« 4
, dernier effort avant
4
.
Je dirai 4
sur 4
ou 4
en face. »
(Christian Pham Van Cang).
D'autres ont préféré l'enchère de 3SA pour annoncer le complément
à Trèfle dans une main forte et régulière.
En l'occurrence, le partenaire doit estimer ses valeurs dans les
rouges pour décider du contrat final.
Mais a-t-il bien tous les éléments pour cela ?
D'autant plus que, à mon avis, il vaut mieux réserver cette enchère
pour annoncer une tenue du type
D V x, 4
indiquant l'As (ou le Roi).
Malgré les grandes chances de trouver une main inadéquate en face,
quelques têtes brûlées ne résistent pas à l'envie de jouer le chelem,
avec ou sans Blackwood :
« Je joue 6
avec un As ou plus en face, et tant pis. » (Marc Bonnet),
« Il n'a rien, c'est vrai, mais j'ai quand même envie de jouer 6
. » (Pierre Périsse).
L'enchère reste cependant excessive quand il ne coûte rien d'explorer
les possibilités de chelem en poursuivant par une enchère de contrôle,
comme le préconise une partie du jury.
| Cotation |
4
|
100 |
12 voix
|
4
|
80 |
4 voix |
| 3SA |
60 |
3 voix |
| 4SA |
20 |
1 voix |
6
|
20 |
2 voix |
|
|
2. T/O
|
 | A D V 8 7 4 |
 | 10 9 3 |
 | 6 |
 | 8 5 3 |
|
|
La question ne mérite peut-être pas de figurer dans un concours
d'enchères tant la surenchère à Coeur est évidente pour tout le
monde :
« Assurance à 5
. » (Pierre Audebert),
« 5
, autant couper de la main courte.
Je n'ai rien contre 5
. » (Marc-Michel Corsini).
De toute façon, avec un Pique de qualité, un soutien de trois cartes
par 10 9 à l'atout et un singleton dans la couleur des adversaires,
l'enchère vient bien, sans éprouver le besoin de la justifier outre
mesure :
« 5
sans hésitation » (Thierry Buttin),
« 5
, sans argument, mais sans peur... »
(Christian Pham Van Cang).
Le jury serait unanime sans Marc Bonnet, qui préfère jouer à Pique :
« 5
, les impasses à Pique et Coeur gagnent,
et 5
n'a pas encore chuté. ».
S'il est vrai que le Roi de Pique est sans doute dans la main du
contreur, encore faut-il trouver deux petits Piques en face, sous peine
de laisser deux levées dans la couleur aux adversaires.
Autant jouer à Coeur et couper les Carreaux de la main courte, les
Piques apportant leur quota de levées attendues au déclarant.
Pourtant, tel que les quatre jeux étaient distribués, il fallait
passer.
5
(comme 5
) chutaient
d'une levée, avec trois Trèfles à
perdre à l'entame, tandis que 5
chutaient de
deux levées. Est-il pour autant raisonnable d'envisager un contre ?
Je ne vois pas au nom de quels arguments, et défendre l'enchère serait
pour le moins prôner la politique du résultat.
À la table, il semble absurde d'imaginer que la surenchère ne s'impose
pas avec la même évidence aux adversaires de l'autre salle.
En tout état de cause, ce n'est qu'au moment des comptes que l'on
saura si le manque à gagner de 12 IMPs ne s'avère pas, en fait, une
perte sèche.
De quoi se convaincre, s'il le fallait encore, qu'un raisonnement
rigoureux et une bonne technique ne suffisent pas toujours pour
gagner.
| Cotation |
5
|
100 |
22 voix
|
5
|
10 |
1 voix |
|
|
3. EO/E
|
 | A R V 10 8 |
 | A 5 |
 | A 10 9 5 3 |
 | V |
|
| N |
E |
S |
O |
| |
- |
1 |
- |
| 1SA |
- |
2 |
- |
2 |
- |
3 |
- |
3 |
- | ? |
|
Après avoir donné une simple préférence à Pique, l'enchère de 3
est plutôt encourageante.
Le partenaire s'est donc retrouvé des ressources, avec un beau
Coeur et rien à Trèfle.
Quelle est alors la meilleure manche ?
3SA est condamné, faute d'arrêts dans la couleur verte.
La manche à Carreau, probablement en fit 5--3, est peut-être possible,
mais elle demande une levée de plus que la manche à Pique.
Malgré le fit 5--2, celle-ci semble un bon pari, au nom de la
belle qualité de la couleur :
« 4
, personne n'ayant l'arrêt Trèfle. »
(Marc-Michel Corsini),
« 4
(apparemment pas d'arrêt Trèfle en face).
3
serait non forcing et
4
donnerait une mauvaise idée de
la main. Je pense avoir dénié six cartes à Pique, sans quoi j'aurais
sauté à 4
sur 2
vu ma
belle ouverture. » (Marc Bonnet),
« 4
. Il n'a pas de beaux Coeurs longs
qu'il aurait nommés sur 2
. » (Pierre Périsse).
Bien que ce dernier argument soit tout à fait pertinent, une courte
majorité du jury préfère informer le partenaire sur le complément à
Coeur :
« 4
. Je lui indique mon résidu.
Il corrige à 4
si nécessaire. » (Thierry Buttin),
« 4
, et j'aurai vraiment tout dit. » (Philippe Durieux).
Le partenaire devrait être en mesure de choisir le meilleur contrat,
maintenant que tout lui est dit.
Après tout, 4
reste jouable, même avec quatre
cartes, s'il détient, par exemple,
x x
R D V x
R x x
x x x x.
La dernière partie du jury, emmenée par Pierre Audebert, choisit de
continuer à décrire la main par 4
, contrôle
par la courte.
L'enchère ne compromet rien pour le choix de la manche et ouvre
la voie vers un éventuel chelem, au cas, bien improbable quand même,
où le partenaire détiendrait un complément à Carreau, avec
D x
R x x x
R D x
x x x x.
Je pense néanmoins que l'enchère ne convient pas dans ce contexte
pour deux raisons.
D'une part, elle décrit plutôt une main où les honneurs sont
concentrés dans le bicolore, par exemple
A R V x x
x x
A D V x x
x.
D'autre part, faute d'avoir annoncé le complément à Coeur, le
partenaire risque fort de revenir à 4
(voire 5
), alors que
4
pourrait être le seul contrat jouable.
| Cotation |
4
|
100 |
8 voix
|
4
|
80 |
6 voix |
4
|
60 |
5 voix |
|
|
4. P/N
|
 | 6 |
 | A V 9 7 4 3 2 |
 | - |
 | A 10 9 5 3
|
|
| N |
E |
S |
O |
| - |
1SA |
- |
2 * |
| - |
2 |
- |
3 |
| - |
3SA |
- |
? |
|
Les développements avec ce genre de bicolore en face d'une ouverture
de 1SA sont toujours délicats.
Deux As et une chicane laissent espérer un contrat au niveau de six,
à condition que la main du partenaire colle bien.
Est-il possible d'obtenir suffisamment d'informations pour décider
du meilleur contrat en toute connaissance de cause, sans dépasser le
palier critique ? Tout le problème est là.
Comme pour la première donne, le jury se partage entre trois tendances.
Les « prudents » se contentent de la manche, refroidis par
l'enchère négative de 3SA, qui indique une majorité de valeurs à
Carreau et Pique.
L'argumentaire est parfaitement résumé par François-Michel Sargos :
« Essayons la manche : 4
. Le partenaire m'a
annoncé
R D x x
8 x
A R V x
D x x. »
Cette enchère est loin d'être une conclusion pour tout le
monde, Didier Barthes notamment :
« 4
, espoir de chelem chez moi. ».
L'enchère n'est cependant guère informative et, à moins d'en avoir
soigneusement discuté auparavant, la question de savoir comment le
vis-à-vis doit réagir reste entière.
Il devient en particulier difficile de s'arrêter au palier minimal de
la manche, le palier de cinq pouvant ici s'avérer particulièrement
dangereux, comme vient de le montrer François-Michel Sargos.
Pour toutes ces raisons, l'enchère de 4
a la
préférence de la tendance majoritaire du jury :
« 4
, je continue à me décrire. »
(Jacques Brethes), « 4
; sur
4
, je dirai 4
. »
(Christian Pham Van Cang).
La main est jugée comme méritant, malgré tout, un effort,
et l'enchère a l'avantage de ne rien compromettre :
« 4
. Les problèmes viendront sans doute
après... Je dirai 4
sur 4
,
5
sur 4
et
5
sur 4
. » (Pierre
Audebert), « 4
puis
5
. » (Pierre Périsse).
Comme toujours, un dernier carré d'irréductibles « planteurs »
imposent le chelem, dont Antoine Cocco, qui fait ici la démonstration
de sa fougue habituelle :
« 6
. Tout le reste me fatigue et je
n'obtiendrai jamais de certitudes. (...) Les joueurs de Précision sont
avantagés, du moins ceux de la première heure, qui utilisent les
interrogatives en réponse. ».
Certes, mais il n'en reste pas moins que la décision est unilatérale
et ne semble pas s'imposer après le coup de frein du partenaire.
Les chances de gain sont trop faibles pour que le jeu en vaille la
chandelle... sauf, peut-être, dans une situation où le camp adverse
mène largement aux points.
| Cotation |
4
|
100 |
11 voix
|
4
|
60 |
7 voix |
6
|
10 |
1 voix |
6
|
10 |
1 voix |
|
|
5. NS/N
|
 | A R 6 |
 | R 8 4 |
 | R 10 8 6 3 |
 | R 6
|
|
|
Le problème, si problème il y a, n'a pas inspiré le jury. Il est sans
doute trop simple : garder les enchères ouvertes, à bas palier, pour
glaner suffisamment de renseignements permettant de déterminer le bon
contrat.
Le jury a opté très majoritairement pour 2
et
2
, sans que personne ne dégage vraiment
d'arguments convaincants pour l'une ou l'autre des enchères.
François-Michel Sargos, une fois de plus, résume bien la situation :
« 2
, ou 2
aléatoirement, presque sûrement la dernière étape avant 3SA. »
La faveur du jury va à 2
, sans que l'on sache
très bien pourquoi :
« 2
pour commencer. » (Pierre Audebert),
« 2
plutôt que 2
. »
(Thierry Buttin et Yves Guilbert, dans un bel ensemble).
Les commentaires en faveur de 2
sont tout
aussi laconiques : « 2
, suivi de
3
(si possible) ou 4
sur 3
. » (Marc Bonnet),
« 2
, 3 e
forcing, l'enchère la plus près du pouce. » (Marc-Michel Corsini).
2
est sans doute plus informatif que
2
, annonçant préventivement la belle tenue de
la couleur, mais 2
a peut-être l'avantage très
incertain d'annihiler une entame mortelle dans la couleur.
Trois joueurs préfèrent annoncer la main au poids, par 4SA.
Si l'enchère a le mérite de ne pas renseigner outre mesure les
adversaires sur la teneur des mains, elle ne fournit en substance
aucun élément de décision au partenaire.
Par exemple, quelle doit être sa réaction avec
V x
V x
A x x
A D V 10 x x ?
Pitié pour lui : sa dépense nerveuse ne sera bien souvent recompensée
que par un piètre résultat.
| Cotation |
2
|
100 |
13 voix
|
2
|
80 |
5 voix |
| 4SA |
40 |
3 voix |
|
|
6. P/S
|
 | A R V 8 |
 | - |
 | A 9 7 5 3 |
 | 10 9 4 2
|
|
|
Pas de consensus sur cette question. Les voix se partagent quasi
équitablement entre pas moins de cinq réponses différentes.
Commençons par le fit simple, qui semble a priori bien pessimiste.
Cependant, à y regarder de plus près, les honneurs sont concentrés à
l'atout et risquent d'être utilisés pour des coupes, tandis que les
mineures sont fort longues et fort pauvres.
Et puis, il y a peu de chances que les enchères s'arrêtent là quand
les adversaires détiennent au moins neuf Coeurs dans leur ligne :
« 2
, bien conscient que je suis maxi pour
l'enchère, mais si le partenaire n'a pas grand chose... »
(Philippe Durieux), « 2
, j'aurai d'autres
occasions pour me manifester... » (François-Michel Sargos).
Le fit à saut conviendrait mieux avec un ou deux Trèfles transformés
en Carreaux, mais il a ses partisans :
« 3
. J'établis l'atout et je zone ma force.
J'ai le temps d'annoncer mon contrôle plus tard. » (Jacques Brethes).
Pas sûr, ou peut-être au palier de cinq ou six !
Le saut à la manche n'est pas une enchère forte dans ce contexte.
Il fait le plein de la main, avec l'avantage de placer les adversaires
au pied du mur, en ne leur laissant que le minimum d'espace :
« Je mets 4
d'abord et j'essayerai de
réfléchir ensuite. Potentiellement, les adversaires seront deux à se
torturer alors que mon partenaire est seul. » (Antoine Cocco)
Le reste du jury s'appuie sur la chicane Coeur pour annoncer
globalement la valeur de la main par un cue-bid.
L'enchère de 3
est tentante, bien que, en
principe, elle annonce une main plus riche en honneurs, ce dont sont
conscients ses défenseurs :
« Tant pis, 3
un peu bourré, mais la main
est belle. » (Pierre Audebert).
C'est bien pourquoi, à mon sens, le cue-bid au palier de quatre est
meilleur.
Après l'intervention, elle décrit une main limitée mais distribuée,
avec quatre atouts, et une courte à Coeur, bien sûr.
Elle permet également d'anticiper une éventuelle défense.
Le partenaire avisera selon la qualité de sa main et la suite des
événements.
Thierry Buttin :
« 4
, moins positif que 3
.
Certes, on ne va pas s'arrêter à 2
, mais
autant donner tout de suite le panorama au partenaire. »,
Pierre Périsse :
« 4
. J'espère avoir une autre occasion pour
dire au partenaire que je suis mini, en contrant par exemple. »
Face à un tel éventail de réponses, j'ai usé de mon privilège de
maître de cérémonie pour établir la cotation, qui n'en respecte pas
moins l'indécision du jury.
| Cotation |
4
|
100 |
5 voix
|
4
|
90 |
3 voix |
3
|
90 |
3 voix |
3
|
90 |
6 voix |
2
|
90 |
5 voix |
|
|
CONCOURS D'ENCHÈRES NUMÉRO 2
|
|
1. NS/N
|
A 10 7 3 |
A 5 |
D V 8 7 6 2 |
9 |
|
|
|
2. T/N
|
A 9 4 3 |
V 10 6 |
A D 7 6 5 |
8 |
|
|
|
3. T/E
|
9 7 5 3 |
D 8 6 5 4 |
V 2 |
8 3 |
|
| N |
E |
S |
O |
| |
- |
- |
1 |
| 2SA* |
? |
|
|
*les mineures |
|
|
4. NS/N
|
A 5 |
A V 10 9 6 3 |
R 5 |
10 9 4 |
|
| N |
E |
S |
O |
1 |
- |
2 |
- |
2 |
- |
3 |
- |
3 |
- |
3 |
× |
| ××* |
- |
4 |
- |
*l'As de Pique |
| ? |
|
|
5. NS/N
|
A D 3 |
4 2 |
A V 6 |
R V 9 5 4 |
|
| N |
E |
S |
O |
1 |
3 |
? |
|
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HAUTE ÉCOLE (1)
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François-Michel Sargos
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DU BON USAGE
DES 9 ET DES 10
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Comme chacun sait, nous manquons tous cruellement d'As et de Rois,
toujours monopolisés par nos adversaires.
Il nous faut composer avec ce que nous avons :
notre irréprochable technique et, tout de même, quelques modestes
cartes intermédiaires.
1. Si la route Est-Ouest est coupée, passez par le Sud.
En partie libre contre des joueurs estimables, vous jouez
6
en Ouest après les enchères suivantes :
| N |
E |
S |
O |
1 |
- |
2 |
3 |
4 |
- |
- |
5 |
6 |
6 |
× | fin |
Votre gentil partenaire vous apporte un joli singleton et quelques
atouts utiles pour ce chelem auquel l'adversaire vous a aimablement
poussé (méfiance !) :
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A R D V x x x |
- |
A R 9 8 x |
10 | |
| |
|
|
|
10 8 x x |
x x x x |
x |
R 9 x x |
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Vous coupez de l'As de Coeur entamé par Nord et tirez l'As de Pique :
Nord défausse.
Il est temps de faire le point.
Sud --- un joueur sérieux --- n'a pu contrer qu'avec l'As de Trèfle.
Vous abandonnez donc l'idée de jouer le 10 de Trèfle, et vous vous
rabattez sur la répartition des Carreaux.
Si, par malheur, ils sont mal répartis, les cinq cartes peuvent être
en Sud, auquel cas vous jouerez en double coupe.
Vous tirez donc l'As de Carreau et coupez un Carreau.
La Dame, peut-être une fausse carte, tombe en Sud.
Vous rentrez en coupant soigneusement un Coeur et rejouez Carreau,
coupé du 10 de Pique. Malheureusement, Sud défausse.
Le tarif de cette partie est assez motivant, Ou vous trouvez une
solution, ou vous vous nourrissez de Big Macs jusqu'à la fin du mois.
2. Encore un double squeeze à deux couleurs ?
Vous jouez en Ouest une manche optimiste avec les jeux suivants :
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A 10 7 |
R V x |
10 9 8 x x |
D x | |
| |
|
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x x x |
x x x |
A D V x |
A 10 x |
| | |
après des enchères qui ont au moins le mérite de la simplicité :
| S |
O |
N |
E |
| - |
- |
- |
1 |
1 |
3SA | fin |
Il vous reste, face à votre partenaire de mixte, à justifier le
« raisonnement » qui vous a conduit à annoncer la manche après son
ouverture courageuse, mais assez normale en quatrième.
L'entame du 9 de Coeur pousse à votre Valet, mais l'impasse Carreau
échoue. Sud rejoue comme prévu As de Coeur et Coeur.
Il a passé d'entrée et, s'il sait compter, les Rois noirs sont
forcément en Nord, ainsi probablement que la Dame de Pique.
Si Nord a aussi le Valet de Pique, il va souffrir sur le défilé des
Carreaux, mais c'est peut-être trop demander à la vie :
avec
RDV, il aurait préféré cette entame à
celle du doubleton Coeur. Vous abandonnez donc cette idée, tirez l'As
de Carreau (tout le monde fournit) et essayez « quelque chose »,
d'assez vague encore, en jouant un petit Pique du mort.
Sud fournit le 8, vous le 10 et Nord la Dame.
Ce dernier se tortille sur sa chaise, mais prend la bonne décision
--- pour son camp ---
en rejouant la couleur, pensant à juste titre que si vous n'avez pas
la Dame de Trèfle, vos enchères sont vraiment loufoques.
Sud met le 9 et c'est à vous.
SOLUTIONS
1.
Il y a un espoir non négligeable (disons une chance sur cinq), celui
que Nord ait les deux petits honneurs à Trèfle, les mains étant les
suivantes :
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- |
A R 10 x x x |
V 10 7 x x |
D V | |
| |
|
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A R D V x x x |
- |
A R 9 8 x |
10 | |
| |
|
|
10 8 x x |
x x x x |
x |
R 9 x x |
| | |
| |
|
|
9 x |
D V x |
D x |
A x x x x x |
| | |
Il suffit comme d'habitude de battre les atouts (« si l'on ne sait pas
pourquoi, l'adversaire, lui, le sait »), pour arriver à :
Sur le dernier tour d'atout, Nord abandonne sa garde à Trèfle et Sud
n'a plus qu'un rôle de passerelle. Aucune autre difficulté que de
penser --- simple routine --- à délester Sud de tous ses Coeurs.
Bien sûr, le contrat est dans les cartes si la Dame et le Valet
de Trèfle sont secs ou troisièmes, mais le squeeze a le mérite de
fonctionner même s'ils sont bien accrochés...
et il a aussi le mérite d'être nettement plus chic.
Au fait, l'entame de la Dame de Trèfle, qui pourtant réduisait le
compte, cassait bel et bien le squeeze...
2.
Si Nord détient le Roi et le Valet de Trèfle, il n'y a plus qu'à
espérer qu'il va paresseusement assécher le Roi de Pique.
Mais si Sud détient le Valet de Trèfle, chacun des deux flancs doit
conserver deux Trèfles pour éviter que vous n'y réalisiez deux levées
directes ;
par ailleurs, si l'un ou l'autre est contraint de jouer la
couleur, il y livre deux levées.
La position des Piques paraît maintenant claire :
R D x x en Nord, V 9 8 en Sud.
Tirez le Carreau maître.
Si Nord jette le Roi de Pique, Sud doit jeter son Coeur et sera,
sans risque aucun, remis en main pour jouer sous le Valet de Trèfle.
Si Nord jette le petit Pique, c'est lui qui est remis en main pour
jouer sous le Roi de Trèfle.
Il vaut quand même mieux compter les cartes, au cas où l'un des flancs
aurait distraitement asséché un honneur Trèfle.
Les quatre jeux :
| |
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|
R D x x |
9 x |
x x |
R x x x x |
| | |
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A 10 x |
R V x |
10 9 8 x x |
D x | |
| |
|
|
|
x x x |
x x x |
A D V x |
A 10 x | |
| |
| |
|
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V 9 8 |
A D 10 x x |
R x |
V x x | |
| |
La position initiale des Piques est en fait absolument indifférente :
si Sud y détient deux honneurs et intercale l'un d'eux, prenez de
l'As, tirez encore le Carreau. Quoi que défausse Sud avec
D x
D
-
V x, vous ferez
soit deux levées de Trèfle, soit le 10 de Pique.
Au Tournoi de Commercy, il y a quelques années, s'était présentée une
main amusante où, après avoir dû jeter une gagnante, les flancs
étaient également placés dans une position de chantage, assez complexe
en l'occurrence.
En voici les quatre dernières levées :
Le Valet de Pique contraint Nord à jeter son Trèfle maître (cette
formalité est indispensable), puis un petit Carreau est avancé.
Si Nord fournit un petit, le 7 du mort mettra Sud en main.
Il essaie donc de forcer la Dame en intercalant le 8, mais le
déclarant le laisse maître : il se met ainsi lui-même en main pour
jouer sous son Valet, comme dans la donne précédente.
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INFORMATIQUE & BRIDGE (1)
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François Dellacherie
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DE L'OPPORTUNITÉ DES RÉVEILS
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Bien qu'il soit encore peu utilisé dans cette optique,
l'ordinateur est sans conteste l'outil qui va permettre aux techniques
d'enchères de faire des progrès sensibles dans les années à venir.
Si vous n'en êtes pas encore convaincu, en voici la démonstration sur
un exemple simple, mais non moins révélateur.
En tournoi par paires, Ouest relève, vert contre rouge :
2
A D 5
8 7 5 4 3 2
R 8 5.
Les enchères commencent de la façon suivante :
| N |
E |
S |
O |
4 |
- | - |
? |
Ouest doit-il passer ou réveiller, et, s'il décide de réveiller,
quelle enchère doit-il faire ?
Une décision qui fait l'unanimité
Il semble qu'aucun joueur sensé ne
penserait à réveiller avec cette main.
D'ailleurs, lorsque le problème a été posé sur la Liste de Diffusion
Francophone sur le Bridge, les réponses confirmèrent cette opinion :
« Pour moi, le réveil est suicidaire à tendance masochiste. »
(Fabien Miomandre), « Je passe sans état d'âme. Réveiller me semble
être une action à l'aveuglette. » (Christophe Defer),
« Le réveil est possible, mais est-il raisonnable ? Je préfère passer. »
(Jean-Luc Pinon), « Réveiller, oui, mais par quoi ?
Contre ? Il y a de fortes chances qu'il soit transformé et, bien que
détenant quelques levées de défense, la chute n'est pas garantie.
Ceci dit, c'est le seul réveil envisageable.
Quelquefois, on touche le gros lot.
5
? C'est possible au poker.
Je pense donc que passe est le plus raisonnable. » (Khalid Yassine),
« Passe. Il ne me semble pas interdit de réveiller... mais presque. »
(Sylvain Picard), « Je connais la main : mon partenaire possède
x x x x
R x
A x x x
A x x,
l'ouvreur
A R D x x x x x
x
D
D V x, et je table 5
.
Dringgg.... Ce n'était qu'un rêve ? Alors je passe... »
(Édouard Beauvillain).
Passe fait donc l'unanimité. Alors...
Voyons ce que dit l'informatique
Le décor étant planté en tournoi par paires,
Est-Ouest seul non vulnérable, supposons que :
-
Ouest ose réveiller par contre,
-
Est passe avec toutes les mains plates,
-
Est nomme sa couleur la plus longue avec une main distribuée
et dit 4SA avec une répartition 1-4-4-4,
-
l'adversaire contre si le contrat demandé par Est-Ouest chute,
-
Est ne s'emballe pas et ne demande pas le petit chelem dès
qu'il a un peu de jeu.
Le déroulement du jeu a été simulé sur
ordinateur1
selon les modalités suivantes :
-
Les enchères ont été simulées avec le logiciel freeware
Dealer2.
-
Une série de 1000 donnes a été générée. Un échantillon a été
visuellement analysé :
les donnes examinées correspondaient bien à la séquence d'enchères.
-
Le comportement correspondant aux hypothèses 1 à 5, énoncées
ci-dessus, a été simulé. Les contrats finaux possibles,
4
(ou 4
×),
5
, 5
et 5
, ont été soumis au logiciel
GIB3
et joués à cartes ouvertes. Les scores ont été comparés
automatiquement.
Sur les 1000 donnes de la simulation, un réveil
par contre mène aux contrats suivants :
-
4
× : 407 fois (40%).
Le contrat chute dans 63% des cas.
-
5
: 293 fois (30%).
Le contrat est :
-
gagnant dans 20% des cas,
-
un bon sacrifice dans 25% des cas,
-
idiot dans 55% des cas.
-
5
: 61 fois (6%).
Le contrat est alors toujours le meilleur.
-
5
: 239 fois (24%).
Le contrat est :
-
gagnant dans 10% des cas,
-
un bon sacrifice dans 50% des cas (le résultat est meilleur qu'à
5
, car les Coeurs sont plus longs que les
Trèfles).
L'addition des cas favorables donne :
(407 × 0,63 + 293 × 0,45 + 61 + 239 × 0,6) / 10 = 59.26.
Le contre est donc gagnant dans environ 59% des cas (en moyenne).
Contrairement aux avis des experts, il s'avère un bon pari
par paires !
Pour le réveil à 5
, voici le tableau des
fréquences d'une simulation de 100 donnes générées par Dealer et
jouées par GIB à cartes ouvertes.
L'abscisse donne le nombre de plis à Carreau (Ouest parle) tandis
que l'ordonnée donne le nombre de levées à Pique (Ouest passe)
sur la même donne.
La présentation des résultats respecte la manière du logiciel :
|
Low |
7 |
8 |
9 |
10 |
11 |
12 |
High |
Sum |
| Low |
0 |
0 |
0 |
1 |
1 |
0 |
0 |
0 |
2 |
| 7 |
0 |
0 |
0 |
1 |
2 |
0 |
0 |
0 |
3 |
| 8 |
0 |
0 |
1 |
3 |
6 |
4 |
2 |
0 |
16 |
| 9 |
4 |
4 |
2 |
5 |
8 |
2 |
1 |
0 |
26 |
| 10 |
3 |
8 |
3 |
13 |
6 |
3 |
0 |
0 |
36 |
| 11 |
6 |
1 |
4 |
2 |
1 |
0 |
0 |
0 |
14 |
| 12 |
1 |
1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
2 |
| High |
1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
1 |
| Sum |
15 |
14 |
10 |
25 |
24 |
9 |
3 |
0 |
100 |
On constate que 4
gagne 53 fois sur 100 (somme
des chiffres sur fond noir dans la colonne Sum).
Sur ces 53 fois,
5
gagne 3 fois
(cadre des colonnes 11 à High sur fond bleu),
est un bon sacrifice 29 fois
(cadre des colonnes 8 à 10 sur fond vert, qui
correspondent respectivement aux contrats de
2
, 3
et 4
gagnants)
et se révèle trop cher 21 fois
(cadre des colonnes Low et 7 sur fond rouge).
Sur les 47 fois sur 100 où 4
chute,
5
ne gagne que 9 fois
(chiffres des parties non encadrées des colonnes 11 à High).
Finalement, le contrat de 5
se révèle avantageux
(3 + 29 + 9 =) 41 fois sur 100 :
ce n'est pas un bon pari par paires.
Conclusion
Cette étude présente bien sûr quelques défauts. D'abord, le jeu de la
carte a été simulé à cartes ouvertes. Mais faire jouer GIB à deux jeux
sur le matériel utilisé aurait été trop long.
Ensuite, la séquence d'enchères a fait l'objet d'une simulation
« floue », bien que, après tout, elle ne soit pas plus « floue »
que mon raisonnement à la table.
Enfin, le partenaire du contreur (qui ne doit pas s'exciter) a été
supposé avoir un comportement optimal.
Il n'en demeure pas moins que sa conclusion est étonnante, puisqu'elle
va à l'encontre d'une idée reçue, qui, n'ayant encore jamais fait
l'objet d'une étude statistique, est couramment appliquée par la
plupart des joueurs.
Pour ma part, je pense que l'informatique devrait apporter beaucoup
plus à l'analyse des systèmes et des conventions qu'elle ne le fait
aujourd'hui.
Ainsi, le système que je joue, à base de Majeure par 5, a été
entièrement optimisé sur ordinateur, en effectuant des simulations où
il est possible de mesurer de manière relativement objective
l'incidence d'une convention, afin de maximiser le ratio
efficacité théorique / effort de mémorisation.
Cela demande toutefois un minimum de jugement et de compréhension des
systèmes d'enchères en général.
Par exemple, relire tous les comptes rendus des championnats du
monde depuis 1980 ne peut pas faire de mal...
1.
Cette analyse prend 30 minutes sur un portable équipé d'un
Pentium II / 133 MHz, avec 80 Mo de mémoire centrale.
2.
Voir http://www.ripe.net/home/henk/.
3.
Ginsberg's Intelligent Bridgeplayer, en version batch.
Voir http://www.gibwarecom/.